Entre stages et Voyages : Témoignage de Mathilde PREIRE 4A GPE

Entre stages et voyages : retour sur mon année de césure

Mathilde Preire, novembre 2019

 

Je m’appelle Mathilde, je suis élève ingénieur à l’INSA Toulouse en 4ème année GPE. Il y a un peu plus d’un an, j’ai décidé d’effectuer une année de césure afin de gagner en expérience d’un point de vue personnel et professionnel. Après avoir effectué un stage de recherche en Australie puis en Finlande, cette année touche à sa fin et j’aimerais partager cette expérience avec vous.

 


Qu’ai-je fait pendant toute une année entourée de blouses blanches ?

J’aimerais dans un premier temps vous présenter les projets auxquels j’ai participé. Mon premier stage s’est déroulé à l’UTS (University of Technology) située à Sydney en Australie. J’ai travaillé sur la récupération des nutriments présents dans l’urine humaine, dans le but de produire une solution nutritive. J’ai travaillé avec Federico Volpin, doctorant à l’UTS. Cette solution nutritive pourrait remplacer les fertilisants fabriqués de manière industrielle (et pourrait être utilisée en agriculture notamment). Le procédé avec lequel j’ai travaillé est un procédé de distillation membranaire. L’objectif était de comparer ce procédé au procédé utilisant un bioréacteur à membrane, et d’obtenir le taux de récupération le plus élevé possible.

J’ai effectué mon deuxième stage à l’université Aalto située à Helsinki, en Finlande. J’ai alors travaillé sur la résistance antibiotique dans le traitement de l’eau (à l’échelle du laboratoire). L’objectif a été de comparer l’efficacité de différents traitements biologiques (bioréacteur à membrane, réacteurs batch séquentiels et boues granulaires) pour éliminer les antibiotiques présents dans les eaux usées.

J’ai travaillé sur ce projet en collaboration avec Manuel Jesùs Gallardo Alfamiranto et Bárbara Muñoz-Palazón, doctorants de l’université de Grenade (Espagne).

Qu’est-ce que faire un stage en recherche m’a apporté d’un point de vue professionnel ?

J’ai développé mes compétences pratiques continuellement. Contrairement aux travaux pratiques de l’école limités dans le temps, j’ai lors de ces stages passé la majeure partie de mon temps dans le laboratoire à pratiquer des analyses, et faire fonctionner les réacteurs. Plus qu’une initiation, j’ai donc réellement appris à appliquer des méthodes et à être autonome dans un laboratoire. Aussi, j’ai amélioré ma compréhension de phénomènes théoriques appris en classe. En pouvant observer ces phénomènes et leurs conséquences, l’apprentissage et la compréhension sont d’autant plus évidents et nécessaires.

Lors de mon stage à l’université Aalto, j’ai eu plus de responsabilités puisque j’ai opéré seule les bioréacteurs à membrane et réacteurs batch séquentiels pendant 2 mois.

Cette prise de responsabilité a été très stimulante puisque cela m’a permis de développer ma capacité de prise de décision et mon esprit critique.

J’ai dû gérer le fonctionnement des réacteurs quotidiennement, réaliser les analyses et interpréter les résultats.

Ce stage m’a également permis de connaître et travailler avec de nouvelles technologies et d’apprendre à réaliser de nombreuses analyses communément pratiquées dans le domaine du traitement de l’eau. J’ai appris à choisir quelles analyses sont les plus pertinentes selon le paramètre étudié, ce que l’on cherche à caractériser. Cette connaissance poussée des méthodes d’analyse est pour moi importante dans le domaine de la recherche mais également de l’ingénierie, car elle permet de comprendre l’origine des données dont nous disposons, permettant selon moi une meilleure interprétation.

Quelles sont les difficultés que j’ai rencontrées ?

Penser de la bonne façon, et non de manière scolaire, en croisant mes connaissances dans différents domaines, afin de comprendre les phénomènes observés, m’a demandé un peu d’exercice et d’expérience. Aussi, avoir à prendre des décisions quant à la conduite des réacteurs en temps réel a quelques fois été difficile, particulièrement lors de prise de décisions rapides. Cependant, en tant que membre d’une équipe de recherche, j’ai toujours pu demander conseil à mes supérieurs et autres membres de l’équipe de recherche ayant plus d’expérience que moi.

 

Pourquoi à l’étranger ?

On peut alors penser que toutes ces compétences peuvent tout aussi bien être développées en effectuant un stage sans effectuer de mobilité. Alors quel est selon moi l’avantage d’effectuer un stage dans le cadre d’une mobilité à l’étranger?

Selon moi, vivre à l’étranger c’est sortir de sa zone de confort, et commencer quelque chose de complètement nouveau. L’expérience est stimulante de la recherche de logement à la rencontre de nouvelles personnes. C’est un échange culturel, qui développe notre ouverture d’esprit. Être dans un nouvel environnement nous met dans une position où nous sommes encore plus ouverts à l’échange, ce qui permet de s’enrichir davantage des récits de différents parcours des personnes que nous rencontrons, des nouvelles choses que nous faisons et des nouveaux lieux que nous découvrons.

Travailler à l’étranger nous donne d’autant plus l’opportunité de découvrir d’autres méthodes de travail, et en tant que stagiaire, d’autres manières d’apprendre. L’intérêt selon moi n’est pas de déterminer une bonne méthode et une mauvaise méthode, mais plutôt comprendre pourquoi ces méthodes sont utilisées, et essayer de tirer le meilleur de chacune d’elles afin de trouver « sa » méthode de travail idéale.

 


 

Trop dur de trouver un stage à l’étranger ?

Je souhaiterais terminer cet article en vous donnant quelques conseils concernant la recherche de stage à l’étranger (en laboratoire de recherche particulièrement).

Il n’y a pas de secrets, il faut envoyer autant d’e-mails que possible. Il est assez facile de trouver les sites internet de laboratoires publics ou privés, où les projets actuellement menés sont présentés. Sur la page où les projets sont présentés, vous devriez également trouver le nom de la personne responsable de chaque projet, ou de l’équipe de recherche.

Si vous êtes chanceux, son mail sera également renseigné. Si vous ne l’êtes pas, recherchez sur le site du laboratoire ou sur un moteur de recherche le nom de la personne en charge du projet qui vous intéresse. Vous devriez trouver son profil public assez facilement, ainsi que son mail. N’oubliez pas également que les professeurs INSA sont là pour vous aider à construire votre projet, donc si un domaine, un laboratoire ou une destination vous intéresse en particulier, n’hésitez pas à leur demander ! Ils auront probablement des noms de groupes de recherche en tête, ou pourrons vous orienter vers quelqu’un d’autre.

Dernier petit conseil, n’oubliez pas que vous avez de la valeur et que vous savez vous adapter très vite. Même si les stages en recherche sont généralement non rémunérés, essayez de négocier un salaire ou des avantages (logement, transports, etc.). ■